top of page

Newsletter #6 - mai 2026

  • il y a 6 heures
  • 13 min de lecture


Chers ami-e-s du Réseau,


Nous commençons par un petit retour en arrière. 


Nous avons proposé une mini-action en lien avec la Journée de la Grève des Femmes du 14 juin 2025 avec la distribution d’un petit tract distribué à la sortie de célébrations :

Que pour une journée, une semaine, les femmes se retirent …de tout ce qu’elles assument … Que deviendrait la vie de l’Eglise ? 


Une manière de souligner que les femmes en ont assez d’attendre que l’Institution daigne leur accorder leur juste place.

Il faut espérer que le document final du Synode publié en octobre 2024 qui met au centre la vocation des baptisés puisse ouvrir quelques portes. La balle est maintenant dans le camp des Églises locales qui, chacune à leur manière et à leur rythme, tentent de poursuivre le chemin synodal.


UN TEMPS FORT : LE 24 JANVIER 2026 AVEC CHRISTINE PEDOTTI

En collaboration avec Sainte-Ursule (FR) pour des questions de locaux et d’intendance, le Réseau a invité Christine Pedotti, femme de lettres, rédactrice en chef de la revue « Témoignage chrétien », et fondatrice du Comité de la Jupe devenu Magdala.

Lors de la matinée autour du thème « Oser la parole », Christine Pedotti a largement étayé son propos de son expérience personnelle (cf Notes en annexe)

L’après-midi a été consacré à la présentation de son dernier livre « Autopsie d’un système, Pour en finir vraiment avec les abus. » qui s’est poursuivie par une table ronde menée par Catherine Erard, ex-journaliste de la RTS.

Le journaliste Raphaël Zbinden en a fait une excellente recension dans Cath-Info

 

Soutien du Réseau à la pétition « Pour que la vie privée reste privée »  

Le 17 novembre 2025, la Conférence des évêques suisses publiait un état des lieux sur le mode de vie et le mandat épiscopal des agents pastoraux. L’Alliance AGK (Allianz Gleichwürdig Katholisch / Alliance « Égalité dans la dignité – Catholique ») a donc lancé une pétition : déclarer que des agents et agentes pastoraux gays, lesbiennes, divorcés et remariés ou vivant en concubinage, ne vivent pas selon l’Évangile porte atteinte à la dignité des personnes concernées ainsi qu’à celle de toutes les personnes dont la situation de vie ne correspond pas à la norme sociale.                                                                                                                

La pétition invitait donc les évêques suisses ainsi que toutes les personnes intéressées à un dialogue synodal ouvert sur la question du mode de vie et de la mission des agents et agentes pastoraux, sur le modèle de la Conférence épiscopale allemande.

C’est ainsi que 1'019 signatures ont été transmises à la Conférence des évêques suisses (CES).


-       Assemblée Générale du Réseau en présence de Mgr Beat Grögli, évêque de St-Gall et responsable du Conseil des Femmes pour la conférence des évêques suisses

-       A bâtons rompus avec Mgr Grögli : préparez vos questions, vos attentes, vos interpellations

LE PROCHAIN RENDEZ-VOUS DU RESEAU : MARDI 6 OCTOBRE A 14H00 (lieu à définir)


 

REGARDS SUR L’EXTERIEUR

Nous sommes en lien avec d’autres organisations féminines catholiques, telles que la Ligue des Femmes au niveau suisse, dont nous sommes membres, et Andante au niveau européen.

La « Ligue suisse des femmes catholiques » devient la « Ligue des femmes »

Lors de l’AG 2025, le SKF Schweizerischer Katholischer Frauenbund s’est doté d’un nouveau nom.  « Frauenbund Schweiz » complété par überraschend anders katholisch, en français « catholique autrement surprenant ». Le nom français « Ligue suisse des femmes catholiques » reste inchangé.

L’AG a également remercié Simone Currau présidente durant 9 ans et a acclamé une nouvelle co-présidence Katharina Jost Graf et Pia Viel. Lors de l’AG du 30 mai 2026, il s’agira d’introduire le nouveau nom dans les statuts et d’accepter le rapport d’année 2025


 L’avenir, c’est maintenant !  25-28 septembre 2026

Andante propose régulièrement des journées d’étude, une occasion de rencontres et de partage avec des femmes des différents pays d’Europe. Pour 2026 qui marque les 20 ans d’Andante, le thème en est « L’avenir, c’est maintenant ! »

Les organisatrices nous y invitent chaleureusement :

« La Synodalité promet l'écoute, le dialogue et la prise de décision partagée. Pourtant, pour beaucoup de femmes, cette transformation au sein de l'Église reste difficile à appréhender. Andante pose les questions suivantes :

-       Si le changement que nous espérions ne s'est pas produit, comment pouvons-nous travailler ensemble pour apporter des changements essentiels au sein de l'Église? 

-       Comment pouvons-nous renforcer la résilience et l'influence des femmes dans le processus synodal?

-       Comment pouvons-nous nous organiser pour créer un avenir véritablement participatif et égalitaire dans un monde où la démocratie est menacée?

Grâce aux contributions d'intervenants inspirants, à des échanges et à des ateliers pratiques, nous chercherons de nouvelles façons de rendre la participation des femmes visible et efficace. Ensemble, nous identifierons des mesures concrètes pour parvenir à une Église et à un monde où l'égalité, le dialogue et le leadership partagé sont vécus, et non simplement discutés. »

Les journées d'études commenceront le vendredi 25 septembre 2026 par un dîner et se termineront le lundi 28 septembre 2026 après le petit-déjeuner. »                                               

Délai d’inscription 30 juin 2026

Pour plus de renseignements : secretariat@andante-europa.net / www.andante-europa.net 

Le Réseau peut aider financièrement qui souhaite participer à ces journées. Merci de prendre contact avec Mariette Mumenthaler / mamum@bluewin.ch

Avec nos salutations sororales,

Le Bureau du Réseau

 

 

 

Cette Newsletter s’adresse non seulement aux femmes adhérentes au Réseau mais à toute personne (homme ou femme) qui se sent touchée par la thématique et souhaite être informée des activités du Réseau et de l’évolution de la place des femmes dans l’Église. Vous pouvez ainsi devenir membre sympathisant.

N’hésitez pas à la diffuser largement et … à adhérer ou à devenir membre ou sympathisant.e en prenant contact avec Mariette Mumenthaler / mamum@bluewin.ch



ANNEXE : « Oser la Parole » - Christine Pedotti

1.  Vers une prise de parole assumée

Les débuts

Les 20 dernières années marquent un changement dans la posture publique de Christine Pedotti.

Dans ses débuts de femme de lettres, elle se consacre à ses études, Puis à l’édition de publications liturgiques pour les enfants notamment tels  Magnificat Junior, Grain de soleil, Théo. Elle est également catéchiste et aumônière de jeunes.

« Prendre la parole » commence en secret lorsqu’elle écrit sous le pseudo masculin de Pietro di Paoli, sur le conseil de son éditeur : «Ma belle, dans ton Eglise, si tu veux qu’on t’écoute, écris sous un nom d’homme ». Elle se lance donc dans la rédaction d’une Histoire de l’Eglise de 2005 à 2035, dans une sorte de vision.

C’est ainsi qu’elle fait démissionner Benoît XVI, qu’elle annonce une pandémie, un président des USA dingo … Au passage, elle invente aussi quelques papes.

Une prise de parole discrète, voire secrète donc. CHRISTINE PEDOTTI ne s’engage pas vraiment. Elle reste à l’abri en tant que personne. Ses livres sont exposés, pas elle. Elle prend la parole avec peu de risques. A sa table de travail, elle devient Pietro et écrit. 

En 2008 : Fin de la schizophrénie.

CHRISTINE PEDOTTI est croyante, catholique, depuis toujours, sans rupture … Et féministe … Sa propre mère était une féministe de 1ère génération, et son père soutenait la cause.

CHRISTINE PEDOTTI savait qu’il ne fallait pas rapprocher les deux termes : féministe et catholique pour éviter une explosion atomique … La fission s’est produite grâce à une maladroite déclaration du cardinal-archevêque de Paris André Vingt-Trois.

« Pourquoi ne pas confier des ministères laïques à des femmes ? », demande au prélat un journaliste sur les ondes d’une radio chrétienne. Et le cardinal de répondre : « le plus difficile est d’avoir des femmes qui soient formées » … Il se rend compte que l’argument ne tient pas. Et ajoute : « le tout n'est pas d'avoir une jupe, c'est d'avoir quelque chose dans la tête ». 

Ce sera la naissance du « Comité de la Jupe ». Avec Anne Soupa, CHRISTINE PEDOTTI prend la parole. Portent plainte contre l’archevêque devant le tribunal ecclésiastique pour propos sexistes. 48 heures plus tard, Mgr Vingt—Trois  se rétracte : « J’ai dit tout le contraire de ce que je pensais. »

Mais le mécanisme est lancé, il faut d’analyser les choses, essayer de les comprendre, malgré les oppositions qui se font jour :  « Vous faites du mal à l’Eglise ». Une phrase qui tracasse Christine et Anne Soupa. Une question est soulevée : Est-ce que l’Eglise nous fait du bien avant de nous poser la question « Faisons-nous du mal à l’Eglise » ?

La presse s’en mêle, Libération titre : « Les emmerdeuses de bénitier ». D’où le livre qui suivra : « Les pieds dans le bénitier ». Oser la Parole : c’est donc dire, interroger, questionner le «Ca s’est toujours fait comme ça », les place et rôle de la parole des femmes dans l’Eglise. Il y a des questionnements à avoir.

Autre argument opposé au Comité de la Jupe : « Vous voulez le pouvoir … ». Mais parler, est-ce vouloir le pouvoir ? Ou encore : On veut le pouvoir ? Oui, et alors ? Pourquoi est-ce mal ?   Qu’est-ce qui fait qu’on n’est pas légitime ? L’autorité et le pouvoir ont besoin d’être exercés. Pas de groupe humain dans lesquels il n’y a pas de leadership. Même si on l’exerce au service du groupe.

Il est vrai que cette posture questionne l’image que l’Eglise veut donner à la femme : une vraie femme se tait … Pourtant, cette vision contredit la figure de Marie dans l’évangile. Marie parle. Elle gronde Jésus à ses 12 ans, elle frappe à la porte de la maison où il se trouve. Elle parle. Nous prions avec ses mots dans le Magnificat.

Dans le catholicisme, on trouve deux modèles. Pour les hommes, le Christ qui parle. Pour les femmes, Marie qui se tait : « Sois obéissante et tais-toi. »

15 ans plus tard, après la Jupe, l’argument « faire du mal à l’Eglise » est toujours de mise dans certains milieux. Et pourtant, comment les fils et filles de la parole du Verbe, de la parole, pourraient-ils faire du mal en parlant ? Il y a eu une grande vague de silence imposée aux femmes, avant que la société ne redevienne féministe.

Quand Anne Soupa et Christine Pedotti prennent la parole, le féministe est en léthargie. Après les suffragettes, le féminisme des années 1980 (droit de vote, autorité parentale partagée) – on a l’impression que tous les verrous juridiques sont ouverts, que tout est conquis. Il faudra attendre Me-Too avant que d’autres processus de domination ne soient dénoncés.

Le combat féministe est vu comme honteux dans le catholicisme. Etant donné que nous sommes tous frères et sœurs en Christ et qu’on s’aime tous, comment peut-on revendiquer ? Le mal et le mâle ne peuvent nous faire du mal.  Comment être en combat alors qu’on est en fraternité ? Fraternité qui est aussi très masculiniste. Disons en « Adelphité » qui unit sororité et fraternité.

Dans l’Eglise, selon Christine Pedotti, on régresse même avant le temps des suffragettes : les femmes n’ont pas le droit de vote en Eglise.

Dénoncer les abus

Christine Pedotti vit l’aventure de la question des abus. Au long des années, elle est la confidente d’hommes et de femmes qui ont été abusés. Elle collectionne les témoignages dans un dossier depuis 2008-2009. A partir de 2010 commence la dénonciation publique des abus. En 2018, le pape François écrit au peuple de Dieu demandant que tous luttent contre les abus.

Christine Pedotti et d’autres écrivent aux évêques français : Que faire de cela ? D’abord, pas de réponse. 2ème lettre. Silence. Puis une réponse par voie de presse : l’Eglise de France a affronté en 2001 le scandale d’un prêtre criminel dans le diocèse de Caen. La conférence des évêques a mis en place des procédures dans ces questions. L’affaire semble réglée. Tout s’est arrêté à la frontière. En France, pas de grands pensionnats religieux, donc pas de circonstances permettant des abus. Si ce n’est très marginalement.

Avec quelques appuis, Christine Pedotti décide de demander une commission parlementaire pour étudier la question. Demande le secours de la République pour examiner la chose, car les catholiques ne sont pas des citoyens de seconde zone. Il y a des réticences pour entrer en matière au vu du principe de laïcité qui régit la France. Christine et ses amis finissent par gagner deux demi-batailles : le Sénat fait quelque chose, les évêques français décident de nommer une commission indépendante dont ils confient la présidence à J.-Marc Sauvé, un haut-fonctionnaire d’une intégrité absolue (ce sera la CIAS). 3 ans d’enquête, à cause du COVID qui retarde le travail. Rapport divulgué en automne 2021.

Dans cette enquête, on dénombre 240'000 à 300'000 victimes. On se rend compte de l’étendue du désastre, dans les mouvements de jeunesse, dans tout ce qui est et fait l’Eglise. Hormis la famille, le lieu le plus dangereux pour les enfants, c’est l’Eglise … Très tourmentant.

Pourquoi cette importance de la prédation, et de la prédation sexuelle sur mineurs ? la révélation est double : elle révèle les abus. Elle dévoile la dissimulation. Le corps général de l’Eglise, le corps ecclésial (tout le monde, les clercs et les laïcs) a contribué à l’invisibilité et au silence.

Au cœur du système de prédation, la chape de silence imposée aux victimes et au corps ecclésial lui-même a bloqué la parole.

Que se passe-t-il quand le corps Eglise devient le lieu du silence général ? l en va de la responsabilité de chacune et chacun.

Un exemple personnel

Au début des années 1990, le neveu de Christine Pedotti dit tout à coup ne plus vouloir être servant de messe. Surprise et contrariété de la famille. Fin de l’histoire, momentanément. Qqs années plus tard, le neveu est en études. Loge chez sa tante qui se rend compte qu’il faut discuter de qqch. Elle soupçonne une homosexualité. Le jeune parle et avoue qu’il aime les garçons. Il avoue aussi que le responsable des enfants de chœur a essayé d’en profiter. Christine Pedotti est effarée, mais ne l’encourage pas à dénoncer le coupable et à porter plainte.

Tous incapables de voir, de comprendre, de dire … La parole était interdite. Combien de victimes n’ont trouvé aucun endroit pour parler ?

Une prise de parole qui entraîne et qui engage

Dans la façon dont nous vivons ensemble en Eglise, la circulation de la parole passe pour être malveillante. Il devient difficile de dénoncer les dysfonctionnements, les violences misogynes et autres …

Prendre la parole, c’est parler, parce que les victimes ont été réduites au silence, c’est rompre le silence. C’est aussi être saisi et emporté par cette parole. Ce n’est pas rien de prendre la parole. On a ensuite un devoir de loyauté face à cette parole. On est tenu par les engagements qu’on a commencé. Cette parole est un engagement. Elle habite, fait vivre. Elle réclame une fidélité. On ne peut plus s’arrêter.

Pourquoi avons-nous peur d’oser cette parole ? une fois qu’on ose, la parole marche devant nous, on a un droit de suite devant cette parole annoncée. Cf la parole des prophètes, pour qui cela ne se passe jamais bien. Une parole qui fait avancer les choses. Une fois les choses dites, impossible de retourner en arrière. Ce ne sont pas des mots en l’air. Parole dangereuse, coûteuse. Coût personnel dans cet engagement. Bonheur de faire avancer les choses, mais ce n’est pas confortable. Cela oblige au dépassement, à sortir de sa zone de confort. Mais est-on chrétien pour être dans le confort ?

La parole ouvre le chemin. Est-elle pour autant libératoire ? Il faut pouvoir répondre de cette parole. Accepter de faire la vérité en nous aussi. Tant qu’on se tait, on n’a pas à rendre compte de la façon dont notre vie est ajustée ou pas à la parole dite. La parole nous juge.

Dans les cas d’emprise, des hommes et des femmes ont porté une parole et ont mené une vie en complète dissonance avec cette parole. Prendre la parole nous expose dans la dissonance dans nos vies. « Dissonner », ne pas sonner juste, c’est inconfortable. La parole nous assigne à rendre des comptes sur ce qu’on en dit.

La seule puissance de l’Eglise, c’est la puissance de la parole : nous n’avons que le ministère de la parole. C’est le seul service que nous rendons. Principalement, nous sommes des porteurs de la Parole sur le sens de la vie, de l’humanité, de chaque existence humaine. Allons-nous vers le chaos, ou sommes-nous les enfants bien-aimés du Père ? Allant vers lui, nous sommes les porteurs de cette parole.

Or, nous sommes à un moment où la parole est décrédibilisée. Un prêtre n’ose plus dire devant un baptistère « Laissez venir à moi les petits enfants … »

C’est bien la crédibilité de nos paroles, de la parole de l’Eglise, de la Parole qui sauve qui est en jeu. Nous devons avoir le souci de cette parole. Nous portons collectivement la puissance de cette parole. Faire qqch. pour redonner du crédit à cette parole. Important dans notre monde d’annoncer une égale dignité des hommes et des femmes, que nous sommes un seul peuple humain. Si nous ne portons pas cette parole, qui la dira, même si c’est une pauvre petite voix …

La sombre réalité du monde combat cette voix. C’est la logique du monde, avec la loi du plus fort qui prédomine. D’où l’importance de la crédibilité de la parole que nous avons à porter.

L’Eglise est comme un gros bus des pays du Sud, surchargé des gens et de matériel qui déborde sur ses côtés. Le bus avance cahin-caha, mais il avance pourtant …

 

1.  ECHANGE AVEC CHRISTINE A L’ISSUE DES GROUPES

·      Quand on ose une parole, on se trouve face à un mur de silence … Que faire ?

Christine Pedotti : Politique de l’édredon. Continuer encore et encore. Etre insistent et rusé, passer par les bords. On n’est pas tout seul. On est moins déçu quand on est ensemble. CHRISTINE PEDOTTI n’est pas très entendue dans l’institution. Mais objectivement, les choses ont bougé depuis 15 ans. Le pape a fini par dire « il y a une question avec les femmes. » Idem sur la vocation et responsabilité des baptisés. Le mot est devenu courant. Une vocation qui unit le peuple de Dieu, il y a des baptisés laïcs, des baptisés prêtres, diacres, évêques, pape … Dans les textes des évêques, on parle maintenant des baptisés (et non plus des laïcs). Mais parfois, ça bouge « en marche arrière ».

·      Abus des textes – le non aux femmes au nom de la masculinité de Jésus

Christine Pedotti : C’est mettre l’élection et la compétence à un drôle d’endroit. L’argument n’a pas d’appui. Si encore on disait « la Tradition montre qu’il n’y a pas de femmes diacres. C’est comme ça. »

Considérer que les femmes ne peuvent pas faire un certain nombre de choses parce qu’elles sont des femmes, c’est offensant comme femme, comme être humain. Les femmes ne sont pas d’une autre race que les hommes. Elles partagent l’humanité avec eux. Pourquoi y aurait-il des compétences interdites aux femmes ?

Discrimination genrée aujourd’hui incompréhensible. Comment les jeunes hommes et les jeunes femmes de nos sociétés peuvent-ils entendre cela ?

Des interprétations des textes bibliques qui datent …

Livre de Christine Pedotti :  « Jésus, l’homme qui préfère les femmes ».

Dans les textes coraniques et judaïques, on constate de violence contre les femmes. Comme catholique, il n’est pas besoin de se battre contre les textes, mais contre les usages.

Il s’agit simplement de lire les textes du NT tels qu’ils sont, pour ce qu’ils disent. … Rien à retrancher. Or nous les lisons avec une lecture masculiniste. Il y a aussi des femmes qui suivent Jésus.

Autre lecture masculiniste : dans Genèse : Dieu prend un côté (et non une côte) d’Adam

L’Encyclopédie « Après Jésus »

2 éminentes spécialistes se penchent sur les textes de Tertullien, évêque de Carthage vers 200, très machiste. Tertullien vitupère contre les femmes, parce que celles-ci président le repas du Seigneur et qu’elles baptisent !

Ce texte est connu depuis longtemps … Pendant des siècles, des hommes lisent ce texte. Sans lire que si Tertullien s’emporte contre les femmes, c’est donc qu’elles président effectivement des célébrations …

L’évangile de la femme courbée

Il fait mention de fille d’Abraham. Or le signe d’appartenance au peuple d’Abraham, on y accède par la circoncision …

En la redressant, Jésus donne à cette femme la dignité de fille d’Abraham.

Il la délie : // Isaac délié après le sacrifice du bélier.

DES TEXTES QUI NOUS OUVRENT LA PAROLE. Il s’agit simplement de les laisser vivre et parler.

·      Question : Dans l’Eglise d’aujourd’hui, qui a encore envie de lutter pour la cause des femmes ?

Comité de la Jupe devenu le Groupe Magdala est composé de femmes jeunes …

Christine Pedotti : Sentiment de perte très grand, car nous venons d’un monde où tout le monde était chrétien. L’Eglise catholique telle qu’on la connaît est au bout de son histoire. Mais il y a une puissance de résurgence. Même si on sème dans les larmes, et même si ce n’est pas nous qui récolterons, il faut semer. Car sinon on ne récoltera rien. La parole se heurte à des murs mortifères. 

 

*******************************

Commentaires


bottom of page