Newsletter #5 - sept. 2024
Dernière mise à jour : 1 août
Chers ami-e-s du Réseau,
Dans notre lettre du mois de mars, nous vous annoncions l’AG du Réseau en date du 18 juin, précédée d’un temps de formation en lien avec le thème « Oser la Parole ». Plusieurs absences des membres du bureau nous ont conduites à reporter l’AG. Par contre, nous avons vécu un beau moment avec Isabelle Nielsen, psychologue bien connue au sein de la pastorale genevoise, qui donne de nombreuses formations autour de l’écoute et de l’accompagnement. Isabelle nous a guidées sur les chemins de « l’estime de soi », ceci afin de répondre à des demandes de nos membres. Vous en trouverez quelques échos à la fin de cette Newsletter.
❖ Processus synodal : questions et inquiétudes
C’est la 2ème session du Synode sur la Synodalité à Rome du 2 au 27 octobre qui est en point de mire pour ce temps de reprise.
Mais les derniers mois ont été riches en événements.
❖ 15 mai : la Conférence des évêques suisses envoie son rapport de synthèse
Le document des évêques suisses résume les réactions des diocèses et de divers organismes au rapport de Synthèse du Synode. Il souligne l’importance de la collégialité dans les processus de décision, l’égalité de tous les baptisés, l’accession au sacerdoce pour les femmes et une liturgie tenant compte des spécificités culturelles.
❖ 20 mai 2024 : NON a dit le pape
Quand la journaliste Norah O’Donnell journaliste demande au pape François « si une petite fille qui grandit dans le catholicisme aujourd’hui aura un jour l’occasion d’être diacre et de participer en tant que membre du clergé à la vie de l’Église», ce dernier répond simplement “Non”.
Interview de François avec Norah O‘Donnell
De quoi susciter interrogations et inquiétudes quant à la transparence et à la crédibilité du processus synodal, sans compter nombre de réactions dont celle de l’abbé Claude Ducarroz.
❖ Le Jugement qui bouscule l’Église catholique
Claude Ducarroz, le 18 juillet 2024 dans Le Temps
Le 24 juin 2024, deux évêques belges sont condamnés par le tribunal de Malines pour délit de discrimination de genre. Ils devront verser une amende de 1500 euros à la plaignante qui s’est vu refuser l’accès à la formation en vue du diaconat sous motif que ce ministère dans l’Église catholique est réservé aux personnes de sexe masculin. (…)
Que penser de ce jugement ?
- Exclure un fidèle catholique d’un bien du Royaume de Dieu, à savoir l’accès possible aux ministères ordonnés pour raison de genre constitue une discrimination. Tous les baptisés sont égaux devant la grâce de Dieu.
- L’absence de femmes parmi les douze convainc de moins en moins les biblistes, lorsque l’on regarde la grande liberté de relations entre Jésus et les femmes.
- L’apôtre Paul lui-même le rappelle : dans le régime chrétien, il n’y a plus aucune discrimination demeure, ni juif-païens, ni esclave-homme libre, ni l’homme et la femme, car nous sommes tous devenus des êtres nouveaux par la grâce du baptême.
Il est donc étonnant que l’Église catholique maintienne cette prescription difficilement défendable dans le contexte actuel, tout au moins dans l’Occident démocratique préconisant l’égalité de ses citoyen.nes.
Peut-on attendre des avancées du prochain Synode universel ?
Rien n’est moins sûr puisque le pape François en personne s’est prononcé contre une telle évolution doctrinale et pratique. On peut cependant estimer que de telles réformes restent possibles, par exemple en accordant aux Églises régionales une authentique marge de liberté pour décider en plus grande autonomie sur ce point. Car l’enjeu du synode, n’est-il pas de progresser dans la prise en compte de légitimes diversités sans blesser la communion dans la nécessaire unité ?
❖ 9 juillet 2024 : publication de L’instrumentum Laboris du Synode
L’Instrumentum Laboris (document de travail) du Synode sur la synodalité servira de base aux discussions de la dernière phase de la démarche synodale, en automne 2024 à Rome. Il synthétise les réponses et les réflexions recueillies par des conférences épiscopales du monde entier lors des phases antérieures du processus synodal, lancé en octobre 2021. Intitulé «Comment être une Église synodale en mission?», le texte invite à concevoir de nouveaux processus de participation.
Le document provoque des interprétations et donc des réactions diverses dont celle de Marie-Christine Conrath, coordinatrice de notre Réseau.
Elle relève que certes, un chapitre complet de l’Instrumentum est consacré à la place des femmes dans l’Église.
Mais … le document ne mentionne pas l’accès aux ministères ordonnés pour les femmes. «On a l’impression qu’il y a là une chasse gardée de la curie romaine et du clergé pour préserver l’institution», estime Marie-Christine. « Il met en avant la spécificité des femmes, comme s’il fallait d’abord déterminer quelle sera leur place dans l’institution. Or, on comprend bien qu’elles ne pourront pas avoir accès à certains postes. Dans cette perspective, je ne sais pas comment l’on peut parler d’égalité.» Et Marie-Christine de déplorer : «Ce chemin synodal a peut-être été un malentendu dès le départ. J’ai organisé des rencontres, des événements autour de la synodalité, et tout le monde s’attendait à ce que les choses puissent réellement changer. Mais plus le temps passe et plus j’ai l’impression désagréable d’avoir donné de faux espoirs aux gens.»
Si un chapitre est consacré aux ministères ordonnés par les femmes il est aussi écrit que le synode de cet automne n’abordera pas la question (cf chapitre 17)
Pour ne pas en rester aux lamentations ou à une attente stérile
❖ Une lettre ouverte au pape
13 organisations catholiques romaines d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse ont publié en juin 2024 une lettre ouverte au pape : « Nous demandons que la question de l'ordination des femmes dans notre Eglise, qui est urgente pour de nombreux chrétiens, soit abordée lors du synode des évêques qui se tiendra à Rome en octobre 2024. »
Il existe désormais une version de la lettre ouverte en français publiée sur Internet :
❖ En réponse au « NON » du pape : « Pourquoi pas moi ? »
Nous relayons une initiative intéressante de la Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones (CCBF) :
« Ce “Non” catégorique est un retour en arrière après 60 ans de discussions. Par ce “Non”, l’Église tourne aussi le dos à ses membres les plus actives. François s’est-il seulement demandé à quoi ressemblerait l’Église si les femmes catholiques, elles aussi, répondaient “Non” ?
Catéchistes, religieuses, bénévoles, fidèles engagées, paroissiennes, rejoignez le mouvement et participez en vous photographiant avec une pancarte « Pourquoi pas moi ? », pour demander l’accès au diaconat pour les femmes. L’Église n’existe pas sans nous. »
Rendez-vous sur https://pourquoipasmoi.org/
Et pour nous, femmes de Romandie, un rendez-vous important, notre rencontre avec Mgr Morerod, à bloquer dans votre agenda MERCREDI 30 OCTOBRE à 11h00 à Fribourg, Evêché : Rencontre du Réseau avec notre évêque Une belle occasion de nous faire entendre de vive voix.
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Dans l’attente des résultats du Synode, nous restons attentives à l’actualité de notre Eglise.
Nous vous souhaitons une bonne reprise et, nous l’espérons, une belle année pastorale.
Avec nos salutations sororales,
Le Bureau du Réseau
Cette Newsletter s’adresse non seulement aux femmes adhérentes au Réseau mais à toute personne (homme ou femme) qui se sent touchée par la thématique et souhaite être informée des activités du Réseau et de l’évolution de la place des femmes dans l’Église. Vous pouvez ainsi devenir membre sympathisant.
N’hésitez pas à la diffuser largement et … à adhérer ou à devenir membre ou sympathisant.e en prenant contact avec Mariette Mumenthaler / mamum@bluewin.ch
L’ESTIME DE SOI OU LA QUESTION DE L’AFFIRMATION DE SOI
Quelques notes autour de l’apport d’Isabelle Nielsen
L’estime de soi est importante pour les animaux sociaux que nous sommes et va conditionner notre rapport à l’autre. Nous avons besoin des autres pour nourrir cette estime de soi qui s’appuiera sur des signes de reconnaissance portant sur l’être ou sur des signes de performance (le faire).
Une bonne estime de soi permet d’aller plus facilement vers les autres, de se lancer dans des choses nouvelles, de résister aux influences sociales, de se reconstruire plus rapidement après des échecs. Ce sont des personnalités tranquilles, qui ne prétendent pas tout savoir, qui n’ont pas besoin de briller.
Une estime de soi en souffrance conduit à un sentiment d’imposture en cas de de réussite, d’être une personne à part, qui peine à demander de l’aide, qui n’ose pas dire non. Une personne à l’estime de soi plus fragile a des fluctuations d’humeur conséquentes (jusqu’à la dépression) et a tendance à rabaisser les autres.
Une personne avec une estime de soi en souffrance peut développer un problème de remise en question, trop permanente chez les basses estimes, impossible chez les hautes estimes fragiles.
L’idéal tendrait vers une juste « affirmation de soi ».
Qu’est-ce que l’affirmation de soi
C’est une manière de vivre un rapport harmonieux avec l’autre et avec moi-même. « Comment je peux exister en JE, qui a le droit d’exister comme il est face à TU, qui as aussi le droit d’exister. Ce n’est pas je m’affirme, je débarque et je te tue. »
Il s’agit d’abord de s’écouter soi-même, puis de se jeter à l’eau après cette solidification intérieure, quitte à prendre le risque de l’échec. Cela nourrit une boucle rétroactive positive - je serai fier d’avoir pris le risque – et augmente la tolérance à l’échec. Sinon, on va vers un retrait de plus en plus paralysant et ratatinant.
Quelques pistes pour travailler l’affirmation de soi
o S’écouter afin de discerner ses propres besoins.
o Pratiquer la non-violence vis-à-vis de soi-même : accepter de ne pas tout savoir, de ne pas se sentir menacé sous prétexte de se voir comme différent des autres.
o Travailler sur les complexes : qu’est-ce que ça peut faire si … et oser dire oui.
Aller jusqu’au bout du processus : le pire qui puisse arriver, c’est quoi ?
o Neutraliser le critique intérieur.
Ce critique s’est construit à partir du petit que nous étions face à un amour conditionnel, pas gratuit. A terme, ce critique peut être tellement fort qu’il est difficile d’accepter un compliment, de prendre le retour positif de l’autre. Il s’agit de lui clouer le bec.
Cf Bibliographie : Foutez-vous la paix et commencez à vivre de Fabrice Midal



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